Conseil des droits de l’homme: Suisse blâmée

Plusieurs pays ont critiqué la polititque migratoire et un “climat xénophobe” en Suisse jeudi devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Micheline Calmy-Rey a reconnu que «la Suisse ne peut pas se reposer sur ses lauriers».

 Micheline Calmy-Rey a expliqué la culture politique suisse.   [Keystone]Les affiches de l’UDC et la campagne pour les votations fédérales du 1er juin ont notamment été dans le collimateur du Conseil des droits de l’homme.

Combattre la xénophobie

Aux critiques exprimées, Micheline Calmy-Rey a répondu que les campagnes de votation pouvaient donner lieu à des excès et que leurs auteurs visaient par ce biais à remporter des succès électoraux. Mais la Suisse a toujours promis de poursuivre le dialogue et la discussion en vue d’arriver à une intégration complète des étrangers.

L’ambassadeur d’Algérie Idriss Jazairy a recommandé à la Confédération de prendre des mesures pour combattre la xénophobie. En outre, le porte-parole de l’Egypte a relevé que l’on observait depuis plusieurs années une augmentation des tendances racistes et des incidents dans ce contexte.

Système politique expliqué

La ministre des Affaires étrangères a souligné les instruments législatifs mis en place par la Suisse, par exemple contre les propos racistes, les inégalités entre hommes et femmes ou les discriminations envers les handicapés.

Micheline Calmy-Rey a cependant relevé que les dynamiques liées à la globalisation peuvent conduire à un climat de tension identitaire, susceptible d’être exploité politiquement. Ce repli sur soi ne se limite pas à un repli nationaliste. Il exclut de manière plus générale l’autre, le différent.

La cheffe de la diplomatie helvétique a expliqué que le système démocratique suisse implique une grande transparence dans le débat politique. «Cela a pour conséquence que des thèmes même très controversés puissent être discutés sur la scène publique, parfois accompagnés d’expressions exagérées et parfois inadmissibles», a-t-elle déclaré.

Groupe de travail créé

Dans un rapport élaboré pour le Haut Commissariat aux droits de l’homme, une coalition d’une trentaine d’organisations non gouvernementales (ONG) helvétiques avait notamment incité la Suisse à mettre sur pied une institution indépendante nationale des droits humains. Micheline Calmy-Rey a précisé qu’un groupe de travail s’est penché sur cette question et qu’un rapport sera transmis prochainement au Conseil fédéral pour qu’il puisse se prononcer.

L’Egypte a de son côté souhaité que la Suisse s’engage davantage encore contre l’incitation à la haine raciale et religieuse. Les autorités fédérales estiment à ce sujet que l’approche sectorielle actuelle garantit une protection suffisante.